Étude du hadith • Texte arabe • Traduction française • Commentaires et explications • Enseignements spirituels
Introduction
Le repentir occupe une place fondamentale dans l'islam. Allah, dans Son immense miséricorde, ouvre à Ses serviteurs la possibilité de revenir vers Lui, quelles que soient les fautes qu'ils ont commises, à condition que leur repentir soit sincère et remplisse les conditions nécessaires.
Le hadith n° 22 du Riyâd As-Sâlihîn, rapporté par ‘Imrân ibn Husayn (رضي الله عنه), nous présente l'histoire d'une femme de la tribu de Juhaynah qui vint volontairement trouver le Prophète Muhammad ﷺ pour reconnaître une faute grave.
Ce récit, à la fois profond et difficile, aborde un épisode de justice pénale dans le contexte de la communauté musulmane à l'époque prophétique. Il décrit une peine capitale historique, tout en mettant particulièrement en lumière la sincérité du repentir, la protection de la dignité humaine et la miséricorde d'Allah.
L'enseignement central du récit se trouve dans la réponse du Prophète ﷺ à ‘Umar ibn Al-Khattâb : malgré la gravité de la faute commise, le repentir de cette femme avait atteint un degré exceptionnel.
Ce hadith nous invite donc à réfléchir sur notre manière de juger autrui, sur notre propre besoin de pardon et sur la grandeur de la miséricorde divine.
1. Présentation et authenticité du hadith
Élément Référence
Recueil Riyâd As-Sâlihîn
Auteur Imam An-Nawawî (رحمه الله)
Numéro Hadith 22
Chapitre Le repentir — باب التوبة
Rapporteur ‘Imrân ibn Husayn Al-Khuzâ‘î
Source originale Sahîh Muslim, n° 1696
Authenticité Authentique (sahîh)
Thème principal La sincérité et la grandeur du repentir
Ce hadith est rapporté par l'imam Muslim et intégré par l'imam An-Nawawî dans le chapitre consacré au repentir.
2. Texte intégral du hadith en arabe
وعن أبي نجيد عمران بن الحصين الخزاعي رضي الله عنهما أن امرأة من جهينة أتت رسول الله صلى الله عليه وسلم وهي حبلى من الزنى، فقالت: يا رسول الله، أصبت حدًّا فأقمه عليَّ.
فدعا نبي الله صلى الله عليه وسلم وليَّها فقال: أحسن إليها، فإذا وضعت فأتني.
ففعل، فأمر بها نبي الله صلى الله عليه وسلم، فشُدَّت عليها ثيابها، ثم أمر بها فرُجمت، ثم صلى عليها.
فقال له عمر: تصلي عليها يا رسول الله وقد زنت؟
قال: لقد تابت توبة لو قُسمت بين سبعين من أهل المدينة لوسعتهم، وهل وجدت أفضل من أن جادت بنفسها لله عز وجل؟
3. Traduction française intégrale du hadith
D'après Abû Nujayd, ‘Imrân ibn Husayn Al-Khuzâ‘î (qu'Allah l'agrée) :
Une femme de la tribu de Juhaynah vint trouver le Messager d'Allah ﷺ alors qu'elle était enceinte à la suite d'une relation sexuelle illicite.
Elle lui dit :
« Ô Messager d'Allah ! J'ai commis une faute passible d'une peine légale prescrite. Applique-la à mon encontre. »
Le Prophète ﷺ fit alors appeler son responsable familial et lui dit :
« Traite-la avec bienveillance, et lorsqu'elle aura accouché, ramène-la auprès de moi. »
L'homme exécuta cet ordre.
Par la suite, le Prophète ﷺ ordonna que les vêtements de la femme soient bien attachés autour d'elle. Puis il ordonna l'application de la peine de lapidation, et elle fut mise à mort.
Ensuite, le Prophète ﷺ accomplit la prière funéraire sur elle.
‘Umar lui demanda alors :
« Ô Messager d'Allah ! Tu accomplis la prière funéraire sur elle alors qu'elle a commis la fornication ? »
Le Prophète ﷺ répondit :
« Elle s'est certes repentie d'un repentir qui, s'il était réparti entre soixante-dix habitants de Médine, leur suffirait. Et connais-tu quelque chose de plus grand que le fait qu'elle ait offert sa propre vie pour Allah, Puissant et Majestueux ? »
Rapporté par Muslim.
Note : il s'agit d'une traduction rapprochée du sens de la narration arabe. Le récit décrit une pratique pénale historique ; il n'autorise aucun particulier à infliger une peine ou à exercer de la violence contre autrui.
4. Explication détaillée du hadith
Première partie : La reconnaissance volontaire de la faute
Le hadith commence par la venue d'une femme de la tribu de Juhaynah auprès du Prophète ﷺ.
Elle se présente volontairement et reconnaît avoir commis une faute grave.
Cette démarche montre qu'elle éprouvait une profonde conscience de sa responsabilité religieuse.
Elle ne cherchait pas à attribuer son comportement à quelqu'un d'autre. Elle ne tentait pas non plus de nier les faits.
Cependant, il est important de distinguer son attitude personnelle d'une obligation générale.
L'islam n'impose pas au pécheur de révéler publiquement ses fautes cachées pour obtenir le pardon d'Allah. Le repentir sincère peut être accompli directement auprès d'Allah, sans exposition publique de ses péchés.
L'histoire de cette femme décrit donc une démarche particulière et ne doit pas être comprise comme une invitation à se dénoncer ou à rechercher un châtiment physique.
Deuxième partie : « Traite-la avec bienveillance »
أَحْسِنْ إِلَيْهَا، فَإِذَا وَضَعَتْ فَأْتِنِي
Traduction :
« Traite-la avec bienveillance, et lorsqu'elle aura accouché, ramène-la auprès de moi. »
Cette parole mérite une attention particulière.
Malgré la gravité de la situation, le Prophète ﷺ ordonna au responsable familial de la femme de la traiter correctement.
Il ne demanda pas qu'elle soit humiliée, insultée ou abandonnée.
Au contraire, il donna une instruction explicite de bienveillance.
Le fait qu'elle soit enceinte imposait également de prendre en considération la vie de l'enfant, qui n'était en rien responsable de la faute de sa mère.
Enseignement : La gravité d'un péché ne supprime pas la dignité humaine de celui qui l'a commis. Le croyant doit éviter l'humiliation, la brutalité et le mépris envers les personnes qui ont fauté.
Troisième partie : La peine mentionnée dans le récit
Le hadith relate ensuite l'application d'une peine de lapidation dans le contexte juridique de l'époque prophétique.
Il faut distinguer ce fait rapporté par les sources classiques de la question de son application dans le monde contemporain.
Les règles traditionnelles relatives aux peines pénales (hudûd) relèvent d'un cadre juridique et judiciaire particulier, avec des exigences de preuve et de procédure. Elles ne donnent jamais à un individu, à une famille ou à un groupe privé le droit de punir quelqu'un.
Le récit ne doit donc en aucune manière servir à justifier des violences, des représailles, des crimes dits d'honneur ou des châtiments extrajudiciaires.
De plus, l'acceptation du repentir par Allah ne dépend pas du fait de subir une peine corporelle. Le repentir sincère possède ses propres conditions religieuses.
Quatrième partie : Le Prophète ﷺ accomplit la prière funéraire
Après la mort de la femme, le Prophète ﷺ accomplit la prière funéraire sur elle.
Ce geste surprit ‘Umar ibn Al-Khattâb (رضي الله عنه).
Il demanda :
تُصَلِّي عَلَيْهَا يَا رَسُولَ اللَّهِ وَقَدْ زَنَتْ؟
Traduction :
« Ô Messager d'Allah ! Tu pries sur elle alors qu'elle a commis la fornication ? »
La question de ‘Umar montre qu'il s'interrogeait sur la place de cette femme au sein de la communauté musulmane après une faute aussi grave.
La réponse prophétique permit de mettre en lumière une distinction fondamentale : commettre un péché majeur ne signifie pas automatiquement sortir de l'islam.
La femme n'avait pas été privée de la prière funéraire en raison de sa faute.
Enseignement : Il ne faut pas confondre le jugement porté sur un acte et le jugement définitif sur la personne qui l'a commis.
Cinquième partie : Un repentir d'une grandeur exceptionnelle
لَقَدْ تَابَتْ تَوْبَةً لَوْ قُسِمَتْ بَيْنَ سَبْعِينَ مِنْ أَهْلِ الْمَدِينَةِ لَوَسِعَتْهُمْ
Traduction :
« Elle s'est certes repentie d'un repentir qui, s'il était réparti entre soixante-dix habitants de Médine, leur suffirait. »
Voici la parole centrale du hadith.
Le Prophète ﷺ ne présente pas cette femme uniquement à travers le péché qu'elle a commis. Il souligne la grandeur de son retour vers Allah.
Le nombre soixante-dix exprime ici l'ampleur exceptionnelle de ce repentir, dans une formulation qui met en évidence sa valeur spirituelle.
Cela ne signifie pas que le repentir d'une personne pourrait automatiquement remplacer celui de soixante-dix autres personnes.
Il s'agit d'une manière de montrer combien ce repentir était immense.
Cette parole nous enseigne également que les hommes ne connaissent pas entièrement la réalité des cœurs.
Une personne peut être connue pour une faute, alors qu'Allah connaît la sincérité de son repentir.
Enseignement : Nous pouvons condamner un acte interdit sans prétendre connaître définitivement la valeur spirituelle de celui qui l'a commis.
5. Les versets coraniques en relation avec ce hadith
A. Ne jamais désespérer de la miséricorde d'Allah
Sourate Az-Zumar, verset 53 :
قُلْ يَا عِبَادِيَ الَّذِينَ أَسْرَفُوا عَلَىٰ أَنْفُسِهِمْ لَا تَقْنَطُوا مِنْ رَحْمَةِ اللَّهِ إِنَّ اللَّهَ يَغْفِرُ الذُّنُوبَ جَمِيعًا إِنَّهُ هُوَ الْغَفُورُ الرَّحِيمُ
Traduction rapprochée :
« Dis : Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux. »
Ce verset est particulièrement important pour comprendre le hadith.
Allah s'adresse à ceux qui ont commis des excès, et non uniquement aux personnes qui ont accompli de petites fautes.
Il les appelle à revenir vers Lui.
Les savants expliquent que ce verset constitue l'une des plus grandes sources d'espérance pour celui qui souhaite sincèrement se repentir.
Le désespoir peut devenir un obstacle spirituel : une personne qui croit que son pardon est impossible risque de s'éloigner davantage d'Allah.
Or, le croyant ne doit jamais considérer ses péchés comme plus grands que la miséricorde de son Créateur.
B. Allah peut transformer les mauvaises actions en bonnes actions
Sourate Al-Furqân, verset 70 :
إِلَّا مَنْ تَابَ وَآمَنَ وَعَمِلَ عَمَلًا صَالِحًا فَأُولَٰئِكَ يُبَدِّلُ اللَّهُ سَيِّئَاتِهِمْ حَسَنَاتٍ وَكَانَ اللَّهُ غَفُورًا رَحِيمًا
Traduction rapprochée :
« Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne œuvre. Ceux-là, Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »
Ce verset révèle que le repentir ne consiste pas seulement à rechercher l'effacement du péché.
Lorsqu'il est accompagné d'une foi sincère et de bonnes œuvres, il peut ouvrir la voie à une transformation spirituelle profonde.
Une personne autrefois éloignée de l'obéissance peut devenir plus attentive à ses obligations, plus humble et plus consciente de sa dépendance envers Allah.
Il faut toutefois éviter de présenter cette promesse comme une invitation à commettre des péchés volontairement : personne ne peut garantir qu'il se repentira sincèrement plus tard.
6. Commentaires et enseignements approfondis
6.1. La gravité du péché ne ferme pas la porte du repentir
Le premier enseignement de ce hadith est que la gravité d'une faute n'empêche pas nécessairement son pardon.
L'histoire de cette femme montre qu'un péché majeur peut être suivi d'un repentir d'une grande valeur auprès d'Allah.
Le croyant doit donc éviter deux attitudes opposées : banaliser les péchés et désespérer du pardon.
La voie équilibrée consiste à reconnaître la gravité des actes interdits, tout en gardant une confiance profonde dans la miséricorde divine.
6.2. La sincérité se mesure à l'état du cœur et aux actes
Le repentir véritable, appelé at-tawbah an-nasûh (التوبة النصوح), ne consiste pas simplement à prononcer une formule de demande de pardon.
Il implique notamment de reconnaître sa faute, de l'abandonner, de la regretter et de prendre sincèrement la résolution de ne pas recommencer.
Si le péché concerne les droits d'une autre personne, il faut également chercher à réparer le préjudice.
Dans le récit, le Prophète ﷺ témoigne personnellement de la grandeur du repentir de cette femme. Nous ne pouvons cependant pas attribuer automatiquement un tel jugement spirituel à d'autres personnes, car Allah seul connaît parfaitement les cœurs.
6.3. La bienveillance envers celui qui commet une faute
L'ordre « Traite-la avec bienveillance » constitue un enseignement important.
Il rappelle que la désapprobation d'un acte n'autorise pas à maltraiter son auteur.
Une personne qui reconnaît son péché peut déjà souffrir intérieurement de culpabilité, de honte et de regrets.
L'humilier davantage peut l'éloigner du repentir au lieu de l'y encourager.
Le croyant doit privilégier les conseils sincères, la discrétion, la compassion et l'accompagnement vers le bien.
6.4. La protection de l'enfant innocent
Le Prophète ﷺ demanda que la femme revienne après son accouchement.
Cette précision met en évidence la nécessité de distinguer la situation de la mère de celle de son enfant.
L'enfant ne porte aucune responsabilité dans le péché de ses parents.
Ce principe rejoint un enseignement coranique fondamental : aucune âme ne portera le fardeau d'une autre.
Le récit souligne ainsi l'importance de préserver les droits d'une personne innocente, même dans un contexte juridique difficile.
6.5. Ne pas réduire une personne à son passé
Lorsque ‘Umar interrogea le Prophète ﷺ sur la prière funéraire, celui-ci répondit en évoquant la grandeur du repentir.
Cette réponse montre que le passé d'une personne ne résume pas nécessairement son état spirituel final.
Un individu peut avoir commis une faute grave, puis changer véritablement.
Le croyant doit donc éviter les jugements définitifs sur le devenir d'autrui dans l'au-delà.
Il peut condamner le péché sans prétendre connaître le jugement ultime d'Allah sur celui qui l'a commis.
6.6. Le repentir n'exige pas de s'infliger une souffrance
Cette précision est indispensable.
Le récit comporte une peine historique, mais le repentir religieux ne demande pas au croyant de se blesser, de s'exposer volontairement à la violence ou de rechercher la mort.
Une personne ayant commis un péché doit revenir vers Allah, cesser la faute, demander pardon et réparer les torts éventuels.
Elle n'a pas besoin de se faire du mal pour prouver sa sincérité.
L'objectif spirituel est de revenir à l'obéissance d'Allah et de préserver la vie, la dignité et les droits des personnes.
7. Les conditions du repentir sincère
Les savants, notamment l'imam An-Nawawî dans son introduction au chapitre du repentir, ont exposé les conditions suivantes.
Condition
Explication
الإقلاع عن الذنب — Abandonner le péché
Cesser le comportement fautif.
الندم — Le regret
Éprouver un regret véritable d'avoir désobéi à Allah.
العزم على عدم العودة — La résolution
Prendre sincèrement la décision de ne pas recommencer.
رد الحقوق — Restituer les droits
Réparer les torts commis envers les autres lorsqu'il y en a.
Un repentir sincère ne suppose pas que la personne deviendra incapable de commettre une autre faute dans le futur. Il suppose qu'au moment où elle se repent, son intention de changer soit réelle.
Si elle retombe ensuite dans un péché, elle ne doit pas abandonner l'espoir, mais renouveler sincèrement son repentir.
8. Les enseignements pratiques à retenir
Enseignement du hadith
Application dans notre vie
Allah accueille le repentir sincère.
Ne pas désespérer après une faute.
La dignité humaine doit être préservée.
Ne pas humilier les personnes qui ont péché.
Les droits des innocents sont essentiels.
Ne jamais faire subir à autrui les conséquences injustes de nos erreurs.
La sincérité possède une grande valeur.
Reconnaître ses fautes devant Allah sans se chercher de fausses excuses.
Le jugement des cœurs appartient à Allah.
Éviter de condamner définitivement les personnes.
Le repentir appelle un changement.
Accompagner les demandes de pardon d'actes concrets.
Le péché et la personne doivent être distingués.
Réprouver le mal sans détester aveuglément celui qui l'a commis.
9. Réflexion spirituelle : Quel regard portons-nous sur les pécheurs ?
Ce hadith nous invite à examiner notre propre comportement.
Lorsqu'une personne commet une faute, notre première réaction est-elle de la mépriser, de raconter son histoire ou de rechercher les moyens de l'aider à revenir vers Allah ?
Il est parfois plus facile de dénoncer les erreurs des autres que de reconnaître les nôtres.
Pourtant, chaque être humain a besoin de la miséricorde divine.
Le croyant ne doit jamais devenir arrogant en raison de ses bonnes actions, car il ignore comment sa propre vie se terminera.
De même, il ne doit pas mépriser une personne repentante, car il ignore jusqu'à quel degré de proximité avec Allah celle-ci pourrait parvenir.
L'histoire de cette femme nous rappelle que la valeur spirituelle d'un être humain ne peut pas être réduite à la faute pour laquelle il est connu.
Le véritable enseignement est de ne jamais fermer, par nos jugements, la porte de l'espérance qu'Allah a laissée ouverte à Ses serviteurs.
10. Invocation en rapport avec le hadith
اللَّهُمَّ اغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا، وَتُبْ عَلَيْنَا، وَارْحَمْنَا، وَاجْعَلْنَا مِنَ التَّوَّابِينَ، وَطَهِّرْ قُلُوبَنَا مِنَ الْكِبْرِ وَالْقَسْوَةِ، وَارْزُقْنَا الرَّحْمَةَ وَحُسْنَ الْخُلُقِ
Translittération :
Allâhumma-ghfir lanâ dhunûbanâ, wa tub ‘alaynâ, warhamnâ, waj‘alnâ mina-t-tawwâbîn, wa tahhir qulûbanâ mina-l-kibri wa-l-qaswah, warzuqnâ-r-rahmata wa husna-l-khuluq.
Traduction :
« Ô Allah, pardonne nos péchés, accueille notre repentir, accorde-nous Ta miséricorde et fais de nous ceux qui reviennent souvent vers Toi. Purifie nos cœurs de l'orgueil et de la dureté, et accorde-nous la compassion et le bon comportement. »
Conclusion générale
Le hadith n° 22 de Riyâd As-Sâlihîn nous transmet un enseignement profond sur la grandeur du repentir et la miséricorde d'Allah.
À travers l'histoire de cette femme de Juhaynah, le Prophète Muhammad ﷺ met en évidence une réalité spirituelle essentielle : une personne ayant commis une faute grave peut néanmoins parvenir à un repentir d'une valeur immense auprès d'Allah.
Le récit comporte un épisode pénal difficile qui appartient à son contexte historique et juridique. Mais le choix de l'imam An-Nawawî de le placer dans le chapitre du repentir oriente particulièrement notre attention vers la parole prophétique qui conclut l'histoire.
Le Prophète ﷺ ne se contente pas de rappeler la faute de cette femme. Il témoigne de la grandeur exceptionnelle de son repentir.
Cette histoire nous rappelle donc trois principes essentiels : ne pas banaliser le péché, ne jamais désespérer de la miséricorde d'Allah et ne jamais mépriser celui qui revient sincèrement vers son Seigneur.
Le repentir est une porte d'espérance et de transformation. Il nous pousse à reconnaître nos erreurs, à corriger notre comportement et à rechercher la proximité d'Allah avec humilité.
Qu'Allah nous accorde un repentir sincère, purifie nos cœurs, nous protège de l'orgueil et nous permette d'accueillir avec compassion ceux qui cherchent à revenir vers Lui.
Âmîn.
Références et sources
-
Imam An-Nawawî, Riyâd As-Sâlihîn, chapitre 2 : Le repentir (Bâb At-Tawbah).
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