Hadith n° 21 de Riyâd As-Sâlihîn : L'histoire de Ka‘b ibn Mâlik — La sincérité, le repentir et la miséricorde d'Allah

Publié le 6 novembre 2026 à 14:48

Introduction

Parmi les récits les plus profonds et les plus émouvants rapportés dans la tradition prophétique figure celui de Ka‘b ibn Mâlik (رضي الله عنه), un compagnon du Prophète Muhammad ﷺ qui commit une faute en ne participant pas à l'expédition de Tabûk, alors qu'il en avait les moyens.

Son histoire, rapportée dans le hadith n° 21 du Riyâd As-Sâlihîn de l'imam An-Nawawî, constitue un enseignement exceptionnel sur la sincérité (as-sidq), le repentir (at-tawbah), la patience (as-sabr) et la confiance en Allah (at-tawakkul).

Ce récit nous enseigne notamment qu'une vérité difficile à prononcer peut devenir une cause de salut, tandis qu'un mensonge destiné à éviter une humiliation passagère peut conduire à des conséquences bien plus graves.

À travers l'épreuve de Ka‘b ibn Mâlik, nous découvrons également que le repentir véritable n'est pas une simple parole prononcée par la langue, mais un retour sincère vers Allah, accompagné de regrets, d'humilité et d'un changement profond du comportement.

1. Présentation et authenticité du hadith

Élément Référence

Recueil Riyâd As-Sâlihîn

Auteur Imam An-Nawawî (رحمه الله)

Numéro Hadith 21

Chapitre Le repentir — باب التوبة

Compagnon Ka‘b ibn Mâlik (رضي الله عنه)

Rapporteur ‘Abd Allâh ibn Ka‘b ibn Mâlik

Sources originales Al-Bukhârî et Muslim

Authenticité Authentique (muttafaq ‘alayh)

Versets associés Sourate At-Tawbah, 9:117-119

 

Ce récit est particulièrement important parce qu'il relate une expérience vécue par le compagnon lui-même. Ka‘b ibn Mâlik raconte avec franchise son erreur, ses hésitations, ses regrets, sa souffrance et, finalement, la joie immense de voir son repentir accepté par Allah.

2. Texte arabe et traduction des passages essentiels

A. Le compagnon reconnaît sa faute

وَاللَّهِ مَا كَانَ لِي مِنْ عُذْرٍ، وَاللَّهِ مَا كُنْتُ قَطُّ أَقْوَى وَلَا أَيْسَرَ مِنِّي حِينَ تَخَلَّفْتُ عَنْكَ

Traduction rapprochée :

« Par Allah, je n'avais aucune excuse. Par Allah, jamais je n'avais été aussi fort ni aussi aisé que lorsque je suis resté en arrière au lieu de partir avec toi. »

Explication : Ka‘b reconnaît son manquement sans chercher à le justifier. Cette reconnaissance constitue un premier pas essentiel vers un repentir sincère.

B. Le Prophète ﷺ reconnaît sa sincérité

أَمَّا هَذَا فَقَدْ صَدَقَ، فَقُمْ حَتَّى يَقْضِيَ اللَّهُ فِيكَ

Traduction rapprochée :

« Quant à celui-ci, il a dit la vérité. Lève-toi donc jusqu'à ce qu'Allah prononce Son jugement à ton sujet. »

Explication : Le Prophète ﷺ confirme la véracité des propos de Ka‘b, mais ne lui annonce pas immédiatement son pardon. Ka‘b doit patienter jusqu'à ce qu'Allah fasse connaître Sa décision.

C. L'annonce de l'acceptation du repentir

يَا كَعْبَ بْنَ مَالِكٍ أَبْشِرْ

Traduction rapprochée :

« Ô Ka‘b ibn Mâlik ! Réjouis-toi ! »

Après cinquante nuits d'épreuve, Ka‘b entend cette annonce et se prosterne immédiatement devant Allah en signe de reconnaissance.

D. La plus grande leçon de Ka‘b

إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى إِنَّمَا أَنْجَانِي بِالصِّدْقِ، وَإِنَّ مِنْ تَوْبَتِي أَنْ لَا أُحَدِّثَ إِلَّا صِدْقًا مَا بَقِيتُ

Traduction rapprochée :

« Allah m'a sauvé grâce à la véracité, et une partie de mon repentir consiste à ne dire que la vérité aussi longtemps que je vivrai. »

Cette déclaration résume l'enseignement central du hadith : la sincérité est une cause de salut et de rapprochement d'Allah.

Les extraits arabes sont tirés du récit authentique de Ka‘b ibn Mâlik. Les traductions françaises présentées ici sont des traductions rapprochées du sens.

 
Sunnah

 

3. Traduction française et récit détaillé du hadith

Ce qui suit est une restitution fidèle du déroulement du hadith en français, sous forme de traduction narrative. Ce n'est pas une traduction intégrale mot à mot de toutes les paroles du récit.

Première partie : Le contexte de l'expédition de Tabûk

Ka‘b ibn Mâlik (رضي الله عنه) raconte qu'il avait accompagné le Messager d'Allah ﷺ dans ses expéditions, à l'exception de celle de Tabûk et de la bataille de Badr.

Concernant Badr, il précise que les musulmans étaient initialement sortis pour intercepter une caravane et qu'aucun reproche n'avait été adressé à ceux qui n'avaient pas participé.

Mais l'expédition de Tabûk était différente.

Le Prophète ﷺ avait annoncé clairement la destination, en raison de la chaleur intense, de la longueur du voyage, des difficultés du désert et de la nécessité d'une préparation sérieuse.

À cette époque, Ka‘b disposait de moyens matériels importants. Il possédait notamment deux montures et se trouvait dans une situation plus favorable que lors de ses précédentes expéditions.

Pourtant, il commença à retarder ses préparatifs.

Chaque matin, il sortait avec l'intention de se préparer, puis rentrait sans avoir rien accompli. Il se disait qu'il avait encore largement le temps et les moyens de partir.

Les jours passèrent ainsi jusqu'au départ du Prophète ﷺ et des musulmans.

Ka‘b pensa encore pouvoir les rejoindre, mais il continua de remettre son départ à plus tard.

Finalement, il resta à Médine.

Commentaire : Ce passage montre que l'homme peut posséder les capacités nécessaires pour accomplir une bonne action, mais être empêché par sa propre négligence. Le problème n'était pas l'absence de moyens, mais le report continuel de l'effort.

Deuxième partie : Le retour du Prophète ﷺ et l'épreuve de la vérité

Lorsque le Prophète ﷺ revint de Tabûk, Ka‘b éprouva une grande inquiétude.

Il pensa d'abord inventer une excuse afin de se protéger des reproches.

Mais il comprit qu'un mensonge pouvait peut-être satisfaire les hommes temporairement, sans jamais tromper Allah.

Il décida donc de dire la vérité.

Lorsque le Messager d'Allah ﷺ lui demanda pourquoi il était resté en arrière, Ka‘b reconnut qu'il n'avait aucune excuse valable.

Il affirma qu'il possédait les moyens de participer, mais qu'il avait simplement négligé de le faire.

Le Prophète ﷺ déclara alors qu'il avait dit la vérité et lui demanda d'attendre le jugement d'Allah.

D'autres hommes avaient présenté des excuses accompagnées de serments. Le Prophète ﷺ accepta leurs déclarations apparentes et confia à Allah la connaissance de leurs intentions véritables.

Commentaire : Ka‘b aurait pu préserver son image devant les hommes en inventant une justification. Il préféra cependant préserver sa relation avec Allah en reconnaissant son erreur. Sa sincérité n'effaça pas immédiatement les conséquences de sa faute, mais elle devint la cause de son salut.

Troisième partie : Cinquante nuits de solitude

Trois compagnons se retrouvèrent dans une situation particulière : Ka‘b ibn Mâlik, Hilâl ibn Umayyah et Murârah ibn Ar-Rabî‘.

Sur ordre du Prophète ﷺ, les musulmans cessèrent de leur parler.

Ka‘b raconte que cette situation fut extrêmement douloureuse. Il continuait de participer aux prières collectives et de se rendre au marché, mais personne ne lui adressait la parole.

Même lorsqu'il saluait le Prophète ﷺ, il ne savait pas si celui-ci répondait discrètement à son salut.

Il alla également rencontrer Abû Qatâdah, son cousin qu'il aimait profondément. Mais celui-ci ne répondit pas à ses sollicitations comme Ka‘b l'espérait.

Cette situation lui causa une profonde tristesse.

Durant cette épreuve, un émissaire lui apporta une lettre du souverain des Ghassanides, qui l'invitait à rejoindre son camp en lui promettant un meilleur accueil.

Ka‘b reconnut dans cette proposition une nouvelle tentation.

Il brûla immédiatement la lettre.

Après quarante nuits, il lui fut également demandé de se tenir à l'écart de son épouse, sans pour autant divorcer.

L'épreuve se poursuivit encore dix nuits.

Commentaire : Ce passage révèle la fermeté de Ka‘b. Malgré son isolement, il refusa de rompre avec sa foi et sa communauté pour trouver un soulagement auprès d'un pouvoir extérieur.

Il faut néanmoins souligner que cette mise à l'écart était une mesure particulière ordonnée par le Prophète ﷺ dans un contexte précis. Elle ne constitue pas une autorisation générale d'humilier, d'isoler ou de maltraiter les personnes ayant commis une faute.

Quatrième partie : La bonne nouvelle du pardon

Au matin du cinquantième jour, après la prière de l'aube, Ka‘b entendit une voix l'appeler depuis une hauteur :

« Ô Ka‘b ibn Mâlik ! Réjouis-toi ! »

Il comprit immédiatement qu'Allah avait accordé une issue favorable à son épreuve.

Il se prosterna devant Allah en signe de gratitude.

Le Prophète ﷺ venait d'annoncer aux musulmans qu'Allah avait accepté le repentir des trois compagnons.

Ka‘b se rendit à la mosquée, où les croyants le félicitèrent.

Talhah ibn ‘Ubaydillâh se leva pour venir l'accueillir et lui serrer la main. Ka‘b conserva un souvenir profond de ce geste.

Lorsqu'il arriva devant le Prophète ﷺ, celui-ci avait le visage rayonnant de joie et lui annonça qu'il s'agissait du meilleur jour qu'il avait connu depuis sa naissance.

Ka‘b demanda si cette annonce venait du Prophète ﷺ lui-même ou d'Allah.

Le Prophète ﷺ répondit qu'elle venait d'Allah.

Profondément reconnaissant, Ka‘b voulut donner tous ses biens en aumône. Le Messager d'Allah ﷺ lui conseilla d'en conserver une partie, ce qui serait meilleur pour lui.

Enfin, Ka‘b affirma qu'Allah l'avait sauvé par sa sincérité et qu'il s'engageait à ne dire que la vérité tout au long de sa vie.

Ce récit se conclut par la révélation de versets de la sourate At-Tawbah, annonçant l'acceptation de leur repentir.

 
Sunnah

 

 

4. Les versets coraniques liés au hadith

Sourate At-Tawbah, verset 118

وَعَلَى الثَّلَاثَةِ الَّذِينَ خُلِّفُوا حَتَّىٰ إِذَا ضَاقَتْ عَلَيْهِمُ الْأَرْضُ بِمَا رَحُبَتْ وَضَاقَتْ عَلَيْهِمْ أَنْفُسُهُمْ وَظَنُّوا أَنْ لَا مَلْجَأَ مِنَ اللَّهِ إِلَّا إِلَيْهِ ثُمَّ تَابَ عَلَيْهِمْ لِيَتُوبُوا إِنَّ اللَّهَ هُوَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ

Traduction rapprochée :

Allah accueillit également le repentir des trois hommes dont le cas avait été laissé en suspens, jusqu'à ce que la terre, malgré son immensité, leur paraisse étroite, et qu'ils ressentent une profonde oppression intérieure. Ils comprirent alors qu'ils ne pouvaient trouver refuge contre le jugement d'Allah qu'en revenant vers Lui. Allah accueillit leur repentir afin qu'ils reviennent à Lui. Il est Celui qui accueille le repentir, le Très Miséricordieux.

 
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Explication du verset

Ce verset met en évidence trois réalités spirituelles.

La souffrance du cœur après la faute. Les trois compagnons se trouvaient dans une immense cité et sur une terre vaste, mais leur tristesse leur donnait le sentiment de manquer d'espace. Il s'agissait d'une détresse intérieure particulièrement intense.

L'absence de refuge en dehors d'Allah. Ils comprirent que ni les richesses, ni les relations humaines, ni les circonstances extérieures ne pouvaient leur garantir le pardon. Leur véritable refuge était Allah.

La miséricorde divine. L'expression « Puis Il accueillit leur repentir afin qu'ils reviennent à Lui » rappelle que la possibilité même de se repentir est une faveur qu'Allah accorde à Ses serviteurs.

Sourate At-Tawbah, verset 119

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَكُونُوا مَعَ الصَّادِقِينَ

Traduction :

« Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et soyez avec les véridiques ! »

 
Quran.com

 

Ce verset apparaît immédiatement après l'évocation du repentir des trois compagnons.

Il rappelle que la véracité ne concerne pas uniquement les paroles. Elle doit également se manifester dans les intentions, les engagements et les actes.

 

5. Commentaires et explications approfondies

5.1. Le danger de remettre les bonnes actions à plus tard

L'une des premières leçons du hadith concerne la procrastination, appelée en arabe at-taswîf (التسويف).

Ka‘b ne niait pas l'importance de l'expédition. Il n'était pas non plus incapable d'y participer. Il repoussait simplement le moment d'agir.

Cette attitude peut également toucher le croyant dans sa vie quotidienne.

Il peut se promettre de se repentir demain, d'améliorer ses prières la semaine suivante, de demander pardon à une personne plus tard, ou de commencer à apprendre sa religion lorsqu'il aura davantage de temps.

Mais le lendemain n'est jamais garanti.

Enseignement : Lorsqu'une obligation est clairement établie et que les moyens de l'accomplir sont présents, il ne faut pas laisser la négligence devenir une habitude.

5.2. La sincérité est plus importante que l'apparence

La conduite de Ka‘b montre une distinction essentielle entre deux attitudes.

La première consiste à rechercher l'approbation des hommes, quitte à dissimuler la vérité.

La seconde consiste à rechercher l'agrément d'Allah, même lorsque cela exige de reconnaître publiquement une erreur.

Ka‘b aurait pu employer ses qualités d'orateur pour construire une excuse convaincante. Au contraire, il choisit la franchise.

Il accepta les conséquences de son aveu plutôt que de sauver les apparences au prix d'un mensonge.

Enseignement : Le croyant ne doit pas mesurer sa réussite uniquement au regard des autres. Une vérité désagréable peut être préférable à un mensonge avantageux.

5.3. Le repentir ne signifie pas l'absence de conséquences

Le hadith montre que Ka‘b avait sincèrement regretté sa faute, mais qu'il dut néanmoins traverser cinquante nuits d'épreuve.

Cela nous enseigne que le repentir et les conséquences d'une faute sont deux réalités distinctes.

Une personne peut regretter sincèrement son comportement tout en devant réparer les dommages causés, rétablir une confiance perdue ou assumer certaines responsabilités.

Le pardon divin ne doit donc pas être confondu avec la disparition immédiate de toutes les difficultés terrestres.

Cependant, il serait incorrect d'affirmer que toute difficulté vécue après une faute constitue nécessairement une punition divine.

Enseignement : Le croyant se repent, répare ce qu'il peut et garde espoir en la miséricorde d'Allah.

5.4. La patience face à l'épreuve

Ka‘b aurait pu se laisser emporter par la colère ou le ressentiment.

Pourtant, il continua d'accomplir ses prières et de se rapprocher d'Allah.

Son attitude illustre une forme importante de patience : persévérer dans l'obéissance malgré les difficultés.

La patience islamique n'est pas une résignation passive. Elle peut consister à continuer d'agir correctement, même lorsque les résultats espérés tardent à apparaître.

5.5. La loyauté envers la foi

La lettre du souverain des Ghassanides représente un moment particulièrement significatif.

Ka‘b souffrait d'être tenu à l'écart de sa communauté. Une puissance extérieure lui proposait alors une forme de reconnaissance et de protection.

Cependant, il comprit que cette proposition constituait une nouvelle épreuve et refusa d'y céder.

Enseignement : Les moments de vulnérabilité ne doivent pas conduire à abandonner ses principes pour obtenir un avantage immédiat.

5.6. La miséricorde d'Allah dépasse les fautes du serviteur

La fin du récit constitue son enseignement le plus réconfortant.

Ka‘b avait commis une faute réelle. Il ne chercha pas à l'effacer par des excuses imaginaires.

Il reconnut son manquement, éprouva des regrets, patienta et revint sincèrement vers Allah.

Son repentir fut finalement accepté, au point que son histoire fut évoquée dans le Coran.

Cela montre qu'une erreur ne définit pas nécessairement toute la vie d'une personne.

Le retour sincère vers Allah peut devenir le commencement d'une transformation profonde.

 

6. Les conditions du repentir sincère : At-Tawbah An-Nasûh

Les savants musulmans ont expliqué que le repentir sincère repose sur plusieurs conditions essentielles.

 

1. Cesser la faute — الإقلاع عن الذنب

Abandonner le comportement interdit ou le manquement dans lequel on persiste.

 
 

2. Regretter sincèrement — الندم

Reconnaître intérieurement la gravité de son acte et éprouver un véritable regret.

 
 

3. Prendre la résolution de ne pas recommencer — العزم على عدم العودة

S'engager sincèrement à ne pas reproduire la faute, même si la faiblesse humaine demeure possible.

 
 

4. Réparer les droits d'autrui — رد المظالم

Lorsque la faute concerne une autre personne, restituer ses droits, réparer le tort ou chercher à obtenir son pardon selon la nature du préjudice.

Ces conditions sont exposées par l'imam An-Nawawî dans son introduction au chapitre du repentir.

 
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Dans l'histoire de Ka‘b ibn Mâlik, plusieurs de ces éléments apparaissent clairement : la reconnaissance de son erreur, le regret, l'acceptation de la vérité et l'engagement durable à adopter un comportement meilleur.

 

7. Les enseignements pratiques du hadith

Enseignement

Application dans notre vie

La négligence peut entraîner de graves conséquences.

Ne pas retarder sans raison les obligations.

La vérité est une cause de salut.

Reconnaître ses erreurs sans inventer d'excuses.

Le repentir demande de la sincérité.

Associer les regrets à un changement réel.

Les difficultés nécessitent de la patience.

Persévérer dans la prière et les bonnes œuvres.

Les tentations peuvent apparaître pendant les épreuves.

Ne pas abandonner ses principes sous la pression.

La miséricorde d'Allah reste immense.

Ne jamais désespérer du pardon divin.

La joie des autres mérite d'être partagée.

Féliciter et encourager ceux qui reviennent vers le bien.

La générosité doit rester équilibrée.

Donner en aumône sans négliger ses responsabilités.

8. Quelques subtilités importantes du hadith

Première subtilité : la différence entre être innocent et être sincère. Ka‘b n'était pas innocent de son manquement, mais il était sincère dans sa reconnaissance des faits. Le Prophète ﷺ valida sa parole véridique sans présenter sa faute comme acceptable.

Deuxième subtilité : l'épreuve révèle les attachements du cœur. Ka‘b souffrait de perdre les relations humaines auxquelles il tenait. Pourtant, il ne sacrifia pas son engagement religieux pour retrouver immédiatement une place parmi les hommes.

Troisième subtilité : le repentir peut élever spirituellement. La faute de Ka‘b fut grave dans son contexte, mais sa réaction sincère devint un exemple transmis aux générations suivantes.

Quatrième subtilité : la joie du retour vers Allah est une joie collective. Les compagnons s'empressèrent de féliciter Ka‘b. Le récit montre la beauté de l'accueil réservé à celui dont le repentir a été accepté.

Cinquième subtilité : la modération accompagne la piété. Lorsque Ka‘b proposa de distribuer tous ses biens, le Prophète ﷺ lui recommanda d'en conserver une partie. La reconnaissance envers Allah ne doit pas conduire à négliger ses besoins légitimes et ses responsabilités.

9. Méditation spirituelle

Ce hadith nous invite à nous poser plusieurs questions.

Combien de bonnes actions avons-nous remises au lendemain alors que nous disposions déjà des moyens de les accomplir ?

Combien de fois avons-nous préféré une justification confortable à une reconnaissance sincère de nos erreurs ?

Et lorsque nous commettons une faute, cherchons-nous véritablement à nous rapprocher d'Allah, ou simplement à échapper aux conséquences de nos actes ?

Ka‘b ibn Mâlik nous enseigne que l'honneur véritable ne consiste pas à prétendre n'avoir jamais commis de faute.

Il consiste aussi à reconnaître la vérité avec courage, à revenir vers Allah avec humilité et à ne pas laisser une erreur devenir une habitude.

Son histoire est un appel à la vigilance, mais aussi à l'espérance.

Même lorsque le cœur est accablé par les regrets, la porte du repentir demeure ouverte tant que les conditions de celui-ci peuvent être réunies.

10. Invocation en lien avec le hadith

اللَّهُمَّ اجْعَلْنَا مِنَ الصَّادِقِينَ وَالتَّوَّابِينَ، وَارْزُقْنَا تَوْبَةً نَصُوحًا، وَاغْفِرْ لَنَا ذُنُوبَنَا، وَثَبِّتْنَا عَلَى طَاعَتِكَ

Translittération :

Allâhumma-j‘alnâ mina-s-sâdiqîna wa-t-tawwâbîn, warzuqnâ tawbatan nasûhan, waghfir lanâ dhunûbanâ, wa thabbitnâ ‘alâ tâ‘atik.

Traduction :

« Ô Allah, fais que nous soyons parmi les véridiques et ceux qui se repentent. Accorde-nous un repentir sincère, pardonne nos péchés et affermis-nous dans Ton obéissance. »

Invocation proposée en rapport avec les enseignements du hadith, sans l'attribuer au Prophète ﷺ.

Conclusion générale

Le hadith n° 21 de Riyâd As-Sâlihîn est bien davantage que le récit d'un compagnon ayant manqué une expédition. Il constitue une véritable école de sincérité, de responsabilité, de patience et de repentir.

À travers l'histoire de Ka‘b ibn Mâlik (رضي الله عنه), nous comprenons que l'homme peut commettre une faute malgré ses bonnes intentions passées et ses nombreuses qualités. Cependant, ce qui importe ensuite, c'est la manière dont il réagit : dissimule-t-il sa faute ou la reconnaît-il ? Persiste-t-il dans la négligence ou cherche-t-il à se corriger ? Désespère-t-il de la miséricorde divine ou revient-il vers Allah ?

Ka‘b choisit la vérité, même lorsque celle-ci lui coûta cinquante nuits d'épreuve.

Et cette vérité, qui semblait d'abord être la cause de son humiliation, devint finalement, par la miséricorde d'Allah, la cause de son élévation spirituelle.

La grande leçon de ce hadith est donc la suivante : mieux vaut affronter les conséquences d'une vérité que rechercher la tranquillité passagère dans le mensonge. Le repentir sincère, accompagné de patience et d'une réforme du comportement, ouvre au croyant une voie vers la miséricorde d'Allah.

Qu'Allah nous accorde la sincérité de Ka‘b ibn Mâlik, nous préserve de la négligence, accepte notre repentir et nous permette de rester parmi les véridiques.

Âmîn.

 

Références et sources

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